Totemi, la signalétique connectée, fait partie des start-up présentes le 7 décembre pour la cérémonie Le Meilleur Du Web. En attendant, zoom sur une expérience personnalisée et interactive.

Meilleur Du Web : Quel est le service que propose Totemi ?
Jean-Bernard Rossel : Totemi est un produit de l’agence digitale Talk To Me dont je suis le cofondateur avec Stoyan Gern, mais il est le fruit d’un consortium incluant 9 entreprises et hautes-écoles de Suisse Romande..

L’idée était de créer une signalétique connectée à proximité de laquelle un individu peut interagir avec son smartphone. Ainsi, depuis une plateforme « cloud » des informations sont diffusées et disponibles dans le périmètre immédiat de cette signalétique. Nous considérons que la notion de contextualisation de l’information est importante.

Pour l’instant ce sont principalement les domaines culturels et touristiques qui nous ont sollicités. A Montréal, nous avons par exemple, créé un parcours en collaboration avec le métro de la ville. Nous diffusons, à l’intérieur du métro et, en des points bien spécifiques, des expériences sonores inédites.

A Neuchâtel nous venons de terminer un film interactif qui se présente sous la forme d’une balade. De postes en postes, les participants suivent un personnage de la belle-époque. L’expérience se situe à mi-chemin entre le réel et le virtuel.

MDW : Quelle est l’importance d’une bonne visibilité et d’une bonne image web ?
J-B. R. : C’est crucial notamment à l’ère des nouvelles technologies. Le Web est un média incontournable dans la communication. En tant qu’agence nous favorisons plutôt l’aspect qualitatif et nous sensibilisons nos clients à l’image de marque véhiculée par ce média.

D’autre part l’aspect global du média, donne une visibilité qui par exemple nous a permis d’obtenir des contacts spontanés tels que le Luxembourg ou le Texas qui récemment, nous a contacté pour le festival « South by Southwest ».

MDW : Quelle « User Experience » proposez-vous ?
J-B R. : Nous souhaitons proposer une solution qui favorise l’expérience utilisateur. Cela symbolise l’idée de pouvoir communiquer depuis divers endroits, de façon interactive avec en filigrane, l’objectif de favoriser l’aspect humain dans ce tout virtuel…

Au niveau de l’application, nous avons travaillé sur des aspects ludiques pour que l’expérience plaise aux familles au sens large du terme (parents, enfants, couple etc.), entre autres au travers de mécanismes de gamification.

MDW : Qu’est-ce que la technologie Ibeacon ?
J-B R. : C’est une technologie sortie il y a quelques années, popularisée par Apple. Ce sont des petites balises qui fonctionnent via Bluetooth et qui envoient un signal. Celui-ci, grâce à un numéro, nous identifie et nous géolocalise. Cette technologie ouvre de nouvelles perspectives. Chez Talk To Me nous travaillons sur l’aspect métadonnées et médias : contextualiser les données selon les envies et les besoins des utilisateurs.

MDW : Quels sont les projets Totemi qui vous ont le plus marqués ?
J-B R. : Le produit n’est disponible que depuis septembre ce qui fait que nous n’avons pas beaucoup de recul, mais je dirais que le film interactif proposé à Neuchâtel concrétise un projet lancé fin 2014. La réalisatrice, Orane Burri, qui nous avait contacté, voulait créer un film sur une thématique historique.

A Montréal nous concrétisons de nouveau notre souhait : collaborer avec des agences et des créateurs de contenus. Ce projet est le premier hors d’Europe. Il a été porté par des agences québécoises qui ont saisi le haut potentiel de l’outil. Pour l’instant, nos projets se situent surtout dans le domaine public ou l’événementiel comme avec la ville de Neuchâtel, le Musée de Laténium ou encore le festival KIKK à Namur.

MDW : En quoi vous différenciez-vous de vos concurrents ?
J-B R. : En ce qui concerne Talk To Me, notre approche est centrée utilisateur. Elle la place au cœur des démarches. Nous avons travaillé à rendre le design et l’interface plaisants afin de rendre la technologie agréable à utiliser.

Concernant Totemi, il s’agit en partie d’avoir ajouté un aspect visible et identifiable dans l’espace publique, contrairement à des solutions purement virtuelle. Nous souhaitons nous axer sur la qualité du contenu et de la narration. Finalement notre plateforme présente l’avantage de pouvoir diffuser facilement un contenu varié, riche et déclinable.

On peut utiliser Totemi aussi bien pour l’expérience citoyenne que pour les festivals par exemple.

MDW : Comment va, selon vous, évoluer le web et l’IA dans les années à venir ?
J-B R. : Le terme Intelligence Artificielle est un peu un buzzword car cela fait longtemps que ça existe. Je ne suis pas un expert, mais au vu de la quantité de données disponibles et à exploiter, je pense que l’IA deviendra omniprésente dans énormément de domaines de notre quotidien.

Nous suivons de près cette actualité mais prédire l’avenir est un peu compliqué. Pour Totemi nous aimerions, à terme, que les algorithmes recommandent du contenu, mais en respectant au maximum les aspects liés à la protection de données.

MDW : Quels sont vos projets futurs ?
J-B R. : Nous sommes dans une phase de déploiement commercial. Actuellement nous sommes en contact avec plusieurs cantons ainsi que des villes étrangères. Nous axons notre déploiement à la fois en Suisse et à l’étranger, ainsi que sur la recherche de partenaires créateurs de contenus.

En termes de technologie, nos développements s’orientent vers l’intégration de mécanismes de réalité augmentée et de vidéo 360°. Nous explorons également des pistes d’interactions plus avancées en intégrant certains gestes quotidiens de l’utilisateur (ouvrir une porte par exemple) dans le fil de l’histoire. Cela permettrait de proposer une expérience plus forte mêlant narration dans l’espace physique et interactions virtuelles.

Vidéo Totemi : « Apprendre, jouer, explorer et partager avec TOTEMI »

Propos de Jean-Bernard Rossel recueillis par Fanny Bancillon

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