Peut-on faire en cinq jours ce qui devrait normalement prendre des mois ? Si l’on en croit Design-Sprint, c’est possible. Développée par Google, cette nouvelle approche de la co-création client-designer permet de réduire drastiquement le temps de création, et promet en moins d’une semaine un premier prototype d’application ou de site web. Stéphane Cruchon, qui a importé le concept en Suisse, nous en dit en peu plus long sur cette méthode révolutionnaire.

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  • Quelle a été l’idée à l’origine de votre projet ?  

En tant que designer spécialisé UX/UI, je recherchais un moyen de travailler d’une manière réellement collaborative avec mes clients.

J’ai souhaité importer en Suisse le Design Sprint, une méthodologie agile créée par Google Ventures et pratiquée entre autre par Slack, Spotify ou encore la BBC.

  • En quelques mots, pouvez-vous nous décrire votre service ?

Le Design Sprint est un workshop de co-création inspiré du Design Thinking. Le client et le designer travaillent main dans la main durant 5 jours et réalisent le prototype d’un futur site web ou d’une application.

Il faut voir le Design Sprint comme une phase d’avant-projet. On répond ensemble à la question : « Quel serait le produit idéal pour nos utilisateurs ? ».

Le Sprint est autant adapté aux startups qu’aux grandes entreprises car il permet d’obtenir rapidement un résultat afin de lever des fonds ou de réduire les risques inhérents à la création de nouveaux produits digitaux.

  • Quel est votre modèle de financement ?

Dès le début de cette aventure, j’ai pris le parti d’être très lean : je n’ai pas besoin de locaux physiques, peu de coûts d’infrastructure et surtout je suis parti seul, ce qui me permet d’avancer vite.

  • Dans un horizon à deux ans, où voyez-vous votre compagnie ?

Le Design Sprint ne s’inscrit pas dans une logique d’agence classique, il s’agit plutôt d’un service de consultant. J’espère grandir et pouvoir m’associer à d’autres designers partageant la même philosophie.

  • Que pensez-vous de l’écosystème romand des startup ?

Il y a dans l’ADN suisse une certaine aversion au risque. Dès l’enfance on nous pousse à trouver un emploi stable et à le conserver.  En Suisse romande nous avons cependant des opportunités incroyables liées à la présence de multinationales, de l’EPFL et d’un contexte très international. On sent aussi que les choses commencent à bouger sur le plan politique. Avec un temps de retard certes,  mais j’ai le sentiment que l’on va globalement dans la bonne direction.

  • Quelle plus-value apporte, selon vous, des initiatives telles que le Meilleur du Web au monde du digital en Suisse romande ?

C’est simplement l’opportunité de retrouver tous les professionnels de la région dans une atmosphère décontractée et de célébrer les plus belles réalisations de l’année. J’y viens toujours avec plaisir.